Changements climatiques et responsabilité sociale de l’entreprise

    C’est sous le thème de l’économie que s’est déroulée la deuxième Conférence et dialogue au service de l’intérêt public, le 16 mars dernier au Campus Saint-Jean.

    By Étienne Alary on mars 23, 2017

    Pour l’occasion, le Bureau de la recherche avait fait appel aux professeurs Bruno Nkuiya (changements climatiques) et Sadok El Ghoul (responsabilité sociale de l’entreprise).

    Au cours de sa présentation, Bruno Nkuiya a abordé les questions du contrôle de la pollution à travers des pays souverains et des accords environnementaux tous deux sous le risque du changement climatique, ainsi que des accords de pêche sous la menace du changement de régime.

    Ce dernier a aussi présenté l’importance de la hausse annuelle de la température et du lien avec les GES (Gaz à effet de serre) résultant de l’activité humaine. « Le changement climatique implique un risque collectif et est induit par des actions collectives. Dans ce contexte, on se demande si tous les pays vont adopter des politiques environnementales rigoureuses pour mitiger l’exposition du monde entier à la catastrophe », mentionne Bruno Nkuiya.

    Le professeur Nkuiya est d’avis que la prise en compte des risques est un élément important en matière de gestion des ressources naturelles et environnementales.

    De son côté, Sadok El Ghoul a abordé la question de la responsabilité sociale de l’entreprise, un sujet dont un article lui a valu le prix de la meilleure contribution, lors du Forum mondial sur l’éthique des affaires, en décembre 2016 à Hong Kong.

    « Selon la Doctrine de Friedman, la seule responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) est de réaliser des profits », lance d’entrée de jeu le professeur.

    Or, ce concept né dans les années 1960  consiste pour une entreprise à intégrer les préoccupations sociales et environnementales dans ses activités, et dans ses interactions avec les autres parties prenantes. Ce qui a motivé le professeur à poursuivre des recherches sur la RSE au début, c’est que la communauté scientifique ne semblait pas bien cerner ses effets sur la performance de l’entreprise.

    « Dans le temps, la pensée dominante stipulait qu’une entreprise qui dépensait en faveur de la RSE pouvait en souffrir, car ses concurrents socialement irresponsables finiraient par lui soutirer des parts de marché. Cependant, mes travaux montrent que les entreprises socialement responsables jouissaient de coûts de financement réduits, grâce notamment à une base d’investisseurs plus large et un risque plus faible », explique Sadok El Ghoul.

    Comme le souligne le professeur El Ghoul, la RSE joue un rôle important lorsqu’une entreprise approche la détresse financière. « Normalement, lorsqu’il y a détresse financière, les clients d’une entreprise la délaissent et ses concurrents l’attaquent. Cependant, la RSE permet de réduire ces effets de la détresse financière : les clients font confiance à l’entreprise socialement responsable et les concurrents savent que l’entreprise socialement responsable peut lever des fonds à faibles coût pour détourner les attaques concurrentielles. Dans ce contexte, la RSE joue le rôle d’une police d’assurance pendant les temps difficiles », affirme Sadok El Ghoul.

    Lors de sa présentation, Sadok El Ghoul parlera de certains déterminants de la RSE : internationalisation, médias et contrôle familial.

    Suivant ces présentations, un dialogue a été initié autour de trois questions : « Face au risque agrégé de réchauffement climatique, faut-il ratifier des accords internationaux environnementaux? », « Le risque collectif de réchauffement climatique adoucira-t-il le problème du commun? » et « Quels sont les défis de la recherche sur la responsabilité sociale de l’entreprise? ».