Comment la Chine voit le monde en 2026
29 June 2026
Résumé analytique
L’Enquête 2026 sur la perception mondiale des citoyens chinois (Chinese Citizens’ Global Perception Survey – CCGPS), publiée pour la quatrième année consécutive, examine la manière dont les citoyens de la Chine continentale perçoivent les principales puissances mondiales, le rôle qu’ils souhaitent voir la Chine jouer sur la scène internationale, ainsi que l’environnement informationnel qui façonne ces perceptions.
Les résultats dépeignent une opinion publique confiante et pragmatique, mais engagée de manière sélective : convaincue que la Chine est désormais une grande puissance mondiale, encore largement favorable à la Russie, de plus en plus méfiante à l’égard du Japon, et peu disposée à rompre les liens économiques avec l’Occident ou à promouvoir le modèle politique chinois à l’étranger.
Les données de cette année mettent également en évidence plusieurs évolutions notables : une érosion continue de la confiance envers la Russie; un renforcement de la perception du Japon comme menace, celui-ci dépassant pour la première fois les États-Unis comme pays le plus susceptible d’entrer en conflit militaire avec la Chine; et une poursuite du déclin de l’attrait des États-Unis comme destination d’émigration.
Pris dans leur ensemble, ces résultats offrent aux décideurs, aux acteurs économiques et aux partenaires internationaux un éclairage nuancé sur une opinion publique chinoise dont la vision du monde est plus différenciée et plus pragmatique que ne le laissent souvent entendre les discours géopolitiques.
Principales constatations
Partie I – Perception générale du monde
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Les citoyens chinois considèrent très largement que leur pays est désormais la première puissance mondiale : 68 % attribuent à la Chine le niveau d’influence le plus élevé, contre 63 % pour les États-Unis. Les autres puissances sont nettement distancées : la Russie (23 %) et l’Union européenne (18 %) forment un deuxième groupe, tandis que l’Inde, malgré son influence croissante, demeure peu présente dans les perceptions des répondants chinois.
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La Russie reste le partenaire international bénéficiant du plus haut niveau de confiance, bien que celle-ci continue de diminuer, passant de 81 % en 2024 à 74 % en 2025, puis à 67 % en 2026. Le Japon demeure le pays auquel les répondants accordent le moins de confiance : 55 % des répondants lui attribuent la note minimale. Les États-Unis arrivent ensuite; seuls 12 % expriment un niveau de confiance supérieur à la moyenne, tandis que 32 % leur attribuent la note la plus faible.
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Pour la première fois, le Japon dépasse les États-Unis comme pays jugé le plus susceptible d’entrer en conflit militaire avec la Chine : 71 % des répondants considèrent ce scénario probable, contre 57 % pour les États-Unis. La Russie est perçue comme le pays le moins susceptible de devenir un adversaire militaire, confirmant son statut de partenaire stratégique.
Partie II : Le rôle mondial de la Chine
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Les citoyens chinois souhaitent avant tout que la Chine exerce un rôle de premier plan dans le domaine de la paix et de la sécurité internationales (65 %) et des technologies (54 %), suivis de la lutte contre la pauvreté, de la santé publique et du commerce international. Cette vision présente la Chine comme un fournisseur de biens publics mondiaux plutôt que comme un promoteur d’un modèle idéologique.
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La Russie arrive de loin en tête des partenaires économiques souhaités (76 %), suivie de l’Allemagne (63 %) et de l’Union européenne (62 %). Les États-Unis suscitent une ouverture prudente (49 %), tandis que le Japon se classe loin derrière (20 %).
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En matière de coopération technologique, la Russie (74 %), l’Allemagne (70 %) et l’Union européenne (65 %) arrivent également en tête. Malgré les restrictions technologiques liées aux tensions sino-américaines, 56 % des répondants se montrent favorables à une coopération avec les États-Unis. Le Japon occupe de nouveau la dernière place (26 %).
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L’élargissement de la présence militaire internationale de la Chine bénéficie d’un soutien important : 43 % des répondants y sont fortement favorables.
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En revanche, l’exportation du modèle de gouvernance chinois suscite peu d’enthousiasme : seuls 13 % se déclarent fortement favorables, ce qui témoigne d’une préférence pour le renforcement des capacités nationales plutôt que pour la diffusion d’une idéologie.
Partie III : Tourisme, études, travail et préférences migratoires
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La France demeure la destination touristique préférée, suivie de près par la Russie. Malgré les tensions géopolitiques, l’Australie, le Royaume-Uni, le Canada et même le Japon restent des destinations populaires, tandis que l’Inde se classe au dernier rang.
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Les États-Unis restent la première destination pour les études, suivis de près par le Royaume-Uni et l’Allemagne, illustrant l’attrait durable de l’enseignement supérieur occidental malgré les incertitudes liées aux politiques de visas.
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L’Allemagne et les États-Unis arrivent ex aequo comme destinations privilégiées pour le travail, suivis de la Russie et de la France.
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L’Australie est devenue la destination d’émigration la plus prisée, devant le Canada et le Royaume-Uni. L’intérêt pour une installation aux États-Unis est tombé à seulement 2 %, en nette baisse par rapport aux années précédentes, tandis que l’Inde demeure la destination la moins attractive.
Partie IV : Les relations Canada–Chine
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Depuis 2023, le soutien du public chinois à une coopération avec le Canada a progressé dans les cinq domaines mesurés et est demeuré stable malgré les tensions diplomatiques, révélant un capital de bonne volonté plus durable que ne le laisseraient croire les tensions récentes dans la relation bilatérale.
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Les échanges culturels recueillent le plus fort soutien (80 %), soit le niveau le plus élevé enregistré pour le Canada dans l’ensemble de l’enquête.
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La coopération économique (77 %) et la coopération en matière de sécurité mondiale (76 %) bénéficient également d’un large appui, suivies par la gouvernance mondiale (73 %) et la coopération environnementale (71 %).
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Les répondants attribuent principalement l’état des relations sino-canadiennes à des facteurs structurels — la montée en puissance de la Chine (83 %) et l’alignement du Canada sur les États-Unis (78 %) — plutôt qu’aux différences de valeurs (66 %). Cette perception montre que les relations entre le Canada et la Chine sont largement interprétées à travers le prisme des relations entre Ottawa et Washington.
Partie V : Sources d'information et connaissance des juridictions mondiales
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Les citoyens chinois déclarent être les plus familiers avec les États-Unis, le Japon et la Russie. Toutefois, cette familiarité ne se traduit pas nécessairement par davantage de confiance : la Russie demeure le pays le plus digne de confiance, tandis que le Japon et les États-Unis occupent les derniers rangs.
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La corrélation entre le niveau de connaissance et la confiance est la plus forte pour la Russie, l’Allemagne et la France, mais la plus faible pour le Japon et les États-Unis, où une plus grande exposition à l’information ne semble pas atténuer — et peut même renforcer — les perceptions négatives.
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Les médias sociaux demeurent de loin la principale source d’information sur le monde pour toutes les catégories démographiques. La télévision est désormais surtout consommée par les générations plus âgées, tandis que les journaux et la radio poursuivent leur déclin.
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Une proportion stable de 75 % des répondants estime que les actions d’un gouvernement reflètent la volonté de son peuple. Ce niveau, inchangé par rapport à 2025, demeure globalement stable depuis 2023. Cette conviction tend à renforcer les attitudes négatives envers les pays déjà perçus avec méfiance.
